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L’économie solidaire
Posté par Marie Eve le Mer, 2007-08-29 14:48.
Le concept d’économie solidaire concerne l’ensemble des expériences économiques questionnant la logique capitaliste de l’accumulation et tenant compte des dimensions humaines au-delà de la dimension économique. Elle s’applique aux groupes et aux processus de production, commerce, consommation, distribution de biens et services, et elle implique l’autogestion et la solidarité au sein des groupes. On entend par « dimensions humaines au-delà de la dimension économique » la valorisation des relations solidaires à l’intérieur d’un groupe. Cela se concrétise par une redéfinition des relations entre ses membres en ce qui concerne l’organisation de la production et les comportements de consommation. Ces nouvelles relations viseraient l’autonomie et le bien-être de tous au lieu de l’enrichissement d’une minorité, tel que visé par la logique capitaliste. Autogestion et solidaritéL’autogestion au sein des groupes d’économie solidaire implique l’égalité de droits des membres à l’intérieur de l’organisation : égale répartition de la propriété (dans le cas d’une organisation de production) et égalité quant au droit de participation aux décisions et au choix des représentants politiques. La solidarité en économie solidaire s’oppose aux concepts d’individualisme et de compétitivité typiques du capitalisme. D’ailleurs, l’économie solidaire est particulièrement destinée aux travailleurs et orientée vers l’aide aux plus démunis. L’idée est donc d’encourager les initiatives d’économie solidaire parmi les personnes sans-emploi, en situation d’emplois précaires ou en situation financière difficile. Quatre dimensions de l’économie solidaireLes principes de base de l’économie solidaire ayant été énumérés ci-haut, voici maintenant d’autres informations qui permettront une compréhension plus approfondie du concept. La Professeure Ana Mercedes Sarria Icaza signale quatre dimensions commune aux diverses conceptions et applications de l’économie solidaire. La première concerne sa dualité de théorie et de projet. En effet, l’ÉS représente à la fois une critique au modèle dominant et une proposition concrète de modèle applicable dans les faits. La deuxième dimension, la socio-économique, présente la diversité et l’hétérogénéité des expériences économiques (plusieurs formes d’association possibles pour les groupes, toutes basées sur les principes d’autogestion et de solidarité ; appliquées à la production, la commercialisation, la consommation, etc.) et des champs d’action des acteurs de l’ÉS (urbain populaire, agricole, syndical, etc.). La troisième dimension, sociopolitique, est caractérisée par la quête de nouvelles relations et formes d’organisation par les acteurs sociaux. Finalement, la dimension institutionnelle implique des actions et des politiques étatiques de promotion et d’incitation à l’adoption de formes d’organisation associatives pour le développement socio-économique. Développement et économie solidaireEn rapprochant les concepts de « développement » et «d’économie solidaire », on constate que l’ÉS propose une « nouvelle économie » : la crise actuelle du capitalisme ouvre la possibilité de l’émergence d’un nouveau mode de production associatif. En ce sens, la force de l’ÉS réside plus dans sa valeur pédagogique qu’économique : elle contribue à développer des formes de sociétés autonomes en marge de l’économie dominante. Concrètement, afin de constituer une réelle résistance au mode de vie capitaliste, il est essentiel de renforcer ces expériences concrètes de solidarité, de constituer des réseaux et chaînes productives solidaires, ainsi que de développer des systèmes productifs locaux solidaires. Les défis de l’ÉSLes défis de l’ÉS comme alternative au mode de vie capitaliste sont nombreux. Troisièmement, l’un des principaux défis de L’ÉS est celui de l’autonomie des groupes. Comment développer une initiative d’économie solidaire sans imposer un mode d’organisation et de façon à ce qu’elle devienne autonome? Pour ce faire, un projet d’ÉS doit constituer une réponse à une demande locale. Le cas échéant, il est fort possible que la population visée par le projet ne s’approprie pas le projet puisqu’elle n’en voit pas le besoin, ou encore que le projet tombe lorsque les articulateurs le quittent, suite à son implantation. Pour qu’un projet soit durable et viable, on doit donc s’assurer qu’il constitue une réponse à un besoin local. Le présent texte est un extrait de monographie présentée dans le cadre du cours « Séminaire de sociologie III: Développement et projets sociaux » de l’Université fédérale du Rio Grande do Sul, Porto Alegre - Brésil. Fait intéressant, le Professeur de ce cours est M Antonio David Cattani ayant co-dirigé la rédaction du Dictionnaire de l’autre économie avec le fameux sociologue français Jean-Louis Laville, livre de référence internationale en économie alternative. Le travail complet traite de la dimension d'économie solidaire d'un projet de développement rural durable dans la municipalité de Maquiné(RS-Brésil) (et est annexé à la version portugaise du présent article). |
