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La maison low-tech
Posté par Jean-Claude le Lun, 2007-03-05 14:48.
Technique et énergie | Article alternatif
Pour ceux qui s'intéressent à l'habitation écologique, voici un travail produit dans le cadre du cours "La maison aux énergies douces", offert à l'UQAM par Jean-Pierre Desjardins. Cliquez ici ou déroulez la page pour télécharger le travail.
La solution se situe plutôt dans un changement de nos habitudes de vie, parallèlement à l'utilisation de technologies efficaces. Il faut d'abord comprendre qu'il y a une grande différence entre "haute technologie" et "technologie efficace". Une technologie est élevée lorsqu'elle incarne la fine pointe de la recherche scientifique et les plus récentes méthodes d'ingénierie. Une technologie est efficace lorsqu'elle offre un bon rendement énergétique. Les spécialistes calculent le rendement énergétique (en kilojoule) de l'utilisation d'une technologie, en divisant l'énergie investie dans l'activité par l'énergie reçue à la fin du cycle. Exactement comme les capitalistes calculent le rendement d'un investissement monétaire. Dans le cas de l'argent, comme dans celui de l'énergie, le rendement doit être supérieur à 100% pour que l'activité soit rentable et durable. Donc, ce qu'un capitaliste fait avec de l'argent, un écologiste doit cherché à le faire avec l'énergie. En d'autre mots, on arrive à connaître le rendement énergétique en faisant le rapport entre le travail investi dans un objet et le service qu'il nous rend par la suite. Ceci en incluant l'énergie nécessaire à l'extraction et transport des matières premières, la fabrication de l'objet, sa distribution et sa disposition après usage. À cela on pourrait ajouter une fraction de l'énergie investi dans l'élaboration et l'entretient des infrastructures routières, électriques, administratives, legislatives, etc. nécessaires au fonctionnement de l'économie dans sa forme actuelle. Cette réflexion nous amène au constat que derrière les objets les plus simples de notre vie quotidienne, se cache un système économique monstrueusement énergivore, qui ne peut subsister qu'en dilapidant le capital énergétique de la planète. En effet, l'humanité dépense chaque jour en énergie ce qu'il a fallu aux cycles naturels des milliers d'années pour accumuler. Comme ce serait le cas avec de l'argent, si on dépense plus qu'on ne gagne, cette situation ne peut mener à autre chose qu'a une faillite. Au-delà des kilojoules, des calcules et des chiffres, en s'inspirant de ce que nous on apprit les écologistes grâce à l'approche systémique, il est possible d'utiliser un critère simple et élégant pour savoir si une activité est efficace ou non: Si une activité est efficace, le milieu où elle s'est déroulée est à un niveau d'organisation plus élevé à la fin de l'activité qu'à son début. D'une façon plus intuitive, on peut dire que la beauté du milieu sera amplifiée par l'activité si elle est efficace. Considérant la planète dans son ensemble, et en observant le résultat de l'activité économique de l'humanité, en utilisant ce critère, nul besoin de calculs pour conclure qu'elle est radicalement inefficace. Notre économie mondialisée, c'est l'inefficacité érigée en système. C'est la recherche de solutions énergétiquement efficaces dans le domaine de l'habitation qui a motivé ce travail sur la maison écologique. Ceci a mené à l'élaboration d'une maison "low-tech", par opposition aux solutions "hi-tech" énergivores trop souvent proposées dans l'habitation conventionnelle et même écologiques. Le terme "low-tech" ne doit pas être confondu avec un retour en arrière technologique ou un refus de la technologie, il signifie plutôt l'emploi de technologies simples, qui demandent peu d'énergie dans leurs élaborations et leurs utilisations, tout en offrant un bon service. C'est donc la recherche du rendement optimal. Plutôt que la haute technologie, il faut donc rechercher la maturité technologique. Maturité qui est atteinte lorsqu'on a trouvé les solutions les plus efficaces aux problèmes qui nous sont posés. Solutions qui doivent être différentes selon les régions, le climat, la densité de population, les ressources disponibles, etc. Bien sûr, je ne suis pas une autorité en la matière et ce travail ne propose aucune solution définitive, il n'est destiné qu'à encourager la réflexion et l'action. Le thème donné dans le cadre du cours étant "Ma maison de rêve", il a été écrit à la première personne du singulier. Les suggestions et les commentaires sont bienvenus, à l'adresse suivante: jeanmenard7@gmail.com Bonne lecture!
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