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Piscine Écologique : Introduction au concept
Posté par Claudine le Sam, 2007-04-28 23:21.
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De tous les types de surfaces naturelles, ce sont les étendues d’eau à ciel ouvert qui atténuent le plus les grands écarts thermiques. Les intégrer aux espaces verts que l’on planifie en zone urbaine améliore donc grandement la qualité des lieux. Les bénéfices en sont encore plus grands quand on peut nous-même s’y baigner… Contrairement à la piscine classique où l’eau doit être stérilisée à l’aide de produits chimiques d’épuration polluants et nocifs pour les usagés, la piscine écologique, concept mis de l’avant il y a environ vingt ans en Allemagne, représente un décor aquatique naturel attrayant et vivant contribuant au bien-être de l’environnement. C’est en fait un écosystème en soi où l’épuration et la filtration sont assurées par des plantes judicieusement choisies qui détiennent chacune un rôle précis. L’eau n’y « est pas stagnante, ni croupissante, elle est oxygénée et épurée par les plantes, nettoyée et ‘’ désinfectée ‘’ par l’ensemble des bactéries, de la microfaune et de la microflore qui vivent en symbiose dans l’eau »2; un écosystème en équilibre, capable de se régénérer seul. En bref, l’eau d’une piscine écologique n’est pas plus impure que celle d’un lac ou d’une rivière. Pour créer un véritable équilibre biologique dans un relativement petit espace, la piscine écologique, à la différence d’un étang naturel, comprendra des espèces végétales plus nombreuse et plus diversifiées. Le processus naturel recherché peut être vulgarisé ainsi : « Grâce aux mélanges entre les eaux des zones de différentes profondeurs, spontanés ou provoqués par les remous de la baignade, les températures s’équilibrent et les impuretés sont entraînées vers les zones de végétation plus calmes. Les matières en suspension et les éventuelles saletés s’y déposent donc et elles sont minéralisées par les micro-organismes puis transformées en nourriture pour les plantes. »3 Une fois ce processus perpétuel atteint, il n’a pas besoin d’être complété par un système parallèle d’appoint. Par contre, pour s’assurer d’une excellente filtration, il est préférable de compléter l’épuration naturelle de l’eau. Toutefois, ce dernier ne doit pas être trop perturbateur de l’équilibre existant. Le principe de base de la piscine écologique consiste à ce que l’espace de baignade soit équivalent ou inférieur à l’espace réservé aux plantes ainsi qu’à l’espace dédié aux plantations des berges. Aussi, la piscine doit présenter différents paliers successifs, des rives variées, recevoir une bonne quantité d’ombre une partie de la journée sur sa zone de plantation, une profondeur d’environ 2,5 mètres, présenté une pente d’environ 30% pour que les plantes s’épanouissent, détenir un PH constant faiblement acide ou neutre (entre 6 et 7) et être étanche grâce à une base d’argile ou à une bâche. Finalement, la partie de plantation doit présenter trois zones de plantation. On y arrive grâce aux plantes palustres poussant dans 0 à 30 cm d’eau, semi aquatiques poussant dans 30 à 50 cm d’eau et aquatiques poussant dans 50 cm d’eau et plus. Dans une piscine écologique, on dénote donc trois types de plantes. On retrouve premièrement les plantes flottantes fixées au fond telles les nénuphars. Ce type de plante apporte de l’ombre au cours d’eau. Les plantes aquatiques ont certes généralement besoin de beaucoup de soleil pour s’épanouir, mais trop de soleil permettra aux algues de proliférer, ce qui apportera trop d’oxygène dans l’eau et entraînera l’eutrophisation de la piscine. Les plantes flottantes fixées au fond sont donc indispensables. Deuxièmement, on retrouve les plantes épuratives. Autour de leurs racines vivent des bactéries anaérobiques et aérobics. Les dernières « réduisent les résidus végétaux, les animaux morts et les molécules chimiques nuisibles dégagées par les débris végétaux au fond de l’eau et les transforment en éléments nutritifs directement assimilables par les plantes ou encore en gaz libéré dans l’atmosphère. »4. Finalement, pour atteindre l’équilibre biologique dans la piscine écologique, il faut y ajouter des plantes immergées et des plantes flottantes libres. Ces dernières puisent directement leurs ressources dans les nitrates et les phosphates de l’eau. Elles limitent donc elles aussi le développement des algues. Finalement, les vivaces assurent la transition entre la piscine et le reste du jardin. Il ne reste qu’à adapter le concept de la piscine écologique au Québec. Pour ce faire, il faudra plonger à mains jointes dans le monde complexe des plantes aquatiques.
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